La crise financière sonne-t-elle la fin du capitalisme ?
Il semble très difficile de répondre à cette question mais je vais m'essayer à cet exercice. Selon moi, cette crise marque la fin d'une ère, une époque où l'on croyait à l'auto-régulation du marché, l'époque de l'ultra-libéralisme à l'américaine. Ironie du sort, c'est le pays de l'ultra-libéralisme qui est aujourd'hui contraint de nationaliser.
Aux Etats-Unis, les entreprises consacrent la plus grande partie de leur valeur ajoutée aux profits au détriment du salarié. Cependant, notre société est basée sur la consommation. Or, comment consommer lorsque les salaires sont si peu élevés ? La seule réponse possible est le crédit. C'est ce qui a poussé les Etats-Unis à libéraliser le crédit, afin de pouvoir maintenir la croissance, tout en générant un maximum de profits. Néanmoins, ce modèle a de nombreux défauts. Tout d'abord, le plus évident, le coût social. En effet, en 2006, le taux d'endettement des ménages aux Etats- Unis était de 130% ! Par ailleurs, du point de vue économique, la croissance économique est essentiellement basée sur le crédit, ce qui est d'après moi très risqué.
Je suis partisan d'un capitalisme moralisé, un capitalisme ou le marché n'est pas confronté à lui meme. La crise financière a démontré que le marché, s'il n'était pas encadré, pouvait s'emballer et devenir fou. Comment peut-on concevoir de preter de l'argent à un ménage alors qu'on sait pertinemment qu'il ne pourra pas rembourser ? L'Etat doit jouer un rôle dans l'économie, l'encadrer, contrôler le marché. Le XXème siècle a été marqué par l'affontement des théories capitalistes et socialistes. L'effondrement du communisme et les nombreuses crises qu'à connu le libéralisme nous montrent qu'aucun des deux modèles n'est le bon. Le capitalisme est tenable économiquement mais il est à l'origine du creusement des inégalités sociales. Le socialisme est équitable mais n'est pas viable économiquement : tous les pays ayant fait l'expérience du socialisme sont aujourd'hui soit des pays libéraux, soit des pays en grande difficulté. Il faut donc arriver à trouver un compromis entre ces deux modèles : une économie de marché encadrée par l'Etat comme en Europe. Ce modèle a d'ailleurs reussi aux Allemands qui sont une des plus importantes puissances mondiale avec néanmoins un SMIC beaucoup plus élevé qu'en France.
La crise doit donc servir d'électrochoc aux pays. L'economie doit être au service de l'homme et pas l'inverse. Cette crise marquera-t-elle un retour du politique et de l'Etat-providence ?