J'aime beaucoup la démonstration de Guy Carcassonne, professeur de droit constitutionnel, qui a également été membre du comité Balladur qui met en avant l'absurdité de l'expression d'hyperprésident pour désigner Nicolas Sarkozy. Il compare ainsi notre président à Pompidou. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les pouvoirs de Nicolas Sarkozy sont moindres comparés à ceux que pouvait avoir le président Pompidou. Le conseil constitutionnel tout d'abord n'en était qu'à ses balbutiements et n'exerçait pas de réél pouvoir de contrôle. Pompidou pouvait également décider de l'aménagement du territoire pour n'importe quelle partie du sol français, en l'absence de décentralisation. Enfin, il n'était pas entravé par l'Europe. En effet, qui pourrait nier que la plupart des décisions se prennent aujourd'hui à Bruxelles et que le champ d'action qui reste au président demeure encadré par l'Europe. Prenons deux exemples. Tout d'abord, la monnaie : depuis Maastricht, la France n'a plus le pouvoir de battre monnaie et ne peut plus gérer la monnaie seule comme elle l'entend comme c'etait le cas auparavant. Le pacte de stabilité, également instauré par Maastricht limite une nouvelle fois le champ d'action de l'Etat français puisqu'il lui impose un déficit inférieur à 1,5 % du PIB par an. L'Europe est donc un facteur important qui limite les pouvoirs du chef de l'Etat.
Il est donc absurde de parler d'hyperprésidence en ce qui concerne les pouvoirs de Nicolas Sarkozy puisqu'ils sont largement inférieurs à ceux qu'on pu avoir ses prédécesseurs. On peut parler d'hyperprésidence en ce qui concerne la présence parfois trop importante dans les médias du président Sarkozy, mais en aucun cas d'un président qui aurait trop de pouvoir.